Par Algérie Presse Service
A l’adolescence, Hassan Aouali Mouna rêvait de devenir pilote d’avion, mais les longues études requises pour obtenir le "sésame" de ce métier l’en dissuadèrent. Elle opta alors pour un métier plus "terre à terre", celui de chauffeur de bus de transport urbain, en l’occurrence. "Un rêve qui n’est pas aussi facile à exaucer, surtout dans une ville aussi conservatrice que Djelfa", observe-t-elle.
Mais qu’à cela ne tienne. Avec un diplôme de technicien supérieur en mécanique et un autre en informatique en poche, cette jeune fille de 25 ans "est monté à l’assaut" d’un monde exclusivement masculin, où grâce à sa volonté et son enthousiasme débordant, elle put décrocher une place de chauffeur, "amplement méritée", de l’avis même de ses collègues et responsables.
"Ce fut un grand défi pour moi, d’autant plus qu’aucune femme de Djelfa n’avait exercé cette profession auparavant", se félicite Mouna, soulignant que "sans l’aide et le soutien de toute sa famille, elle n’aurait jamais pu réaliser son rêve".
Outre les encouragements de sa famille, cette jeune fille, qui poursuit, actuellement, des études en droit des affaires, a trouvé un soutien important au sein de l’Entreprise publique de transport urbain de Djelfa, qui l’a recrutée au deuxième semestre de l’année 2012, en lui offrant les mêmes opportunités qu’a ses collèges hommes.
Mouna travaille 7 heures par jour sur différentes lignes urbaines de la ville de Djelfa, selon un programme hebdomadaire partagé avec ses collègues. "Avec mes collègues, nous travaillons dans un respect mutuel, rehaussé par les encouragements incessants de mon responsable, qui ne manque pas une occasion pour me pousser à aller toujours de l’avant", assure-t-elle, non sans une pointe de fierté.
Ce respect et cette considération, Mouna les trouve, aussi, auprès de tous les hommes et femmes, qui montent "dans son bus", au niveau des différentes lignes de transport, dont elle a la charge, affirme-t-elle.
En effet, beaucoup d’usagers ne manquent pas de faire un signe à cette jeune fille "joviale", qui leur rend leurs marques de sympathie par un large sourire, qui en dit long sur sa fierté d’exercer un métier qu’elle a choisi et qu’elle aime.
Les femmes, particulièrement, n’hésitent pas à lui faire un compliment sur sa casquette et sa tenue bleue qui la "mettent particulièrement en valeur" lui disent-elles, en l’encourageant à "persévérer dans cette profession" afin de prouver que la "femme a la capacité de concrétiser ses ambitions, et de devenir partenaire à part entière de l’homme dans plusieurs domaines, pour peu qu’elle soit dotée d’une volonté de fer et de beaucoup de détermination". Comme Mouna, en somme.