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Interviews

14/04/2015
Alain Sykora, DG de Luxury Motor Works (nouveau distributeur de BMW AG en Algérie)
« On vise l’excellence dans le service et la satisfaction clientèle »

Propos recueillis par Lyès Ibalitène

Après plus d’une année et demi d’absence du marché, peut-on parler de retour officiel de BMW en Algérie ?

Effectivement, après la cessation, en septembre 2013, de l’activité de l’ancien distributeur de BMW, le groupe CFAO, il y a eu interruption dans la commercialisation de cette marque en Algérie. Au mois de mars 2014, la société Luxury Motor Work (LMW), une joint-venture entre le groupe Mehri et Abou Dhabi Motors, a été désignée importateur officiel de BMW en Algérie, et dès mon installation comme responsable de cette nouvelle structure, nous avons entrepris de mettre en place les infrastructures adaptées au standing de ce label, la prospection et le recrutement du personnel ainsi que l’élaboration d’une stratégie produit.

Nous avions prévu dans nos plannings de démarrer l’activité de l’entreprise à partir de septembre écoulé, mais les changements intervenus dans la réglementation locale et la mise en application d’un nouveau cahier des charges ont quelque peu retardé ce lancement. Notre arrivée coïncidait, hélas, avec une période de flottement entre l’annulation de l’ancien document et une entrée en vigueur plusieurs fois reportée du nouveau règlement. A cet effet, nous avons entamé la procédure de mise en conformité de nos statuts en sollicitant et en obtenant l’agrément provisoire qui nous permet d’ores et déjà de nous préparer à un meilleur retour de la marque auprès de ses clients et de ses passionnés. Actuellement, nous sommes en attente de l’obtention de ce sésame, et nous en profitons pour finaliser quelques détails de l’organisation pour démarrer officiellement les activités de LMW.

Permettez-moi de préciser aussi que les évolutions introduites par le nouveau cahier des charges ne peuvent être que bénéfiques pour le client algérien et pour le marché de l’automobile d’une manière générale. Une avancée importante dans la prise en charge professionnelle et efficace des attentes des clients, tant au niveau de la vente que des prestations de service après-vente.

Y aurait-il un volet dans ce cahier des charges qui vous perturbe plus que d’autres dans votre démarche en Algérie ?

Je dirai plutôt que l’on souhaiterait plus de clarification sur l’aspect relatif au GPL. Le cahier des charges stipule qu’on devrait avoir un certain pourcentage de nos importations de véhicules en GPL. A l’évidence, nous ferons tout pour nous conformer à cette disposition et je peux vous annoncer aujourd’hui qu’il y’aura des véhicules BMW équipés de système GPL dans notre gamme algérienne. Mais l’on se doit aussi de nous interroger sur la pertinence de cette mesure pour le segment du premium. Autrement dit, la demande suivra-t-elle l’offre ? Et même si nous prévoyons de développer une action de sensibilisation des clients sur la fiabilité de ce système, nous appréhendons fortement la rentabilité économique de la conversion de 10% de notre importation en GPL. D’autant qu’il est technologiquement prouvé que le GPL est beaucoup plus recommandé pour le fonctionnement de centrales électriques que pour les moteurs de voitures dont les consommations en carburant et les émissions de gaz sont de plus en plus optimisées.

Une absence d’une année et demi du marché après une représentation de plusieurs années qui étaient loin des standards internationaux entrainent inévitablement une altération de l’image de BMW en Algérie. Quelles seraient les actions que vous comptez entreprendre pour réhabiliter ce label ?

Nous devons en fait tout reconstruire, à commencer par la confiance. Nous savons déjà que beaucoup d’Algériens affectionnent particulièrement la marque. Certes, ils ont été déçus par la représentation mais ils restent de fervents passionnés du produit BMW. L’ancien distributeur a failli en matière de support et de prise en charge des besoins des clients, et le constructeur a reconnu cette défaillance et a pris la décision difficile de se séparer d’un concessionnaire partenaire.

Luxury Motor Work s’engage à mettre en place des infrastructures à la dimension du prestige de la marque tant au niveau des show-room que des ateliers de service après-vente, les magasins de pièce de rechange, la formation des personnels, l’outillage et. Notre objectif est d’offrir au client algérien les mêmes standards de services que le client BMW et Mini à travers le monde.

Qu’en est-il de l’ancien réseau d’agents agrées de BMW ?

Nous avons retenu un seul agent, celui de Blida, Autoaxe, qui a su, pendant cette absence, perpétuer la marque en Algérie et prendre en charge les besoins des clients dans la limite de ses capacités. Nous avons également recruté trois nouveaux représentants, à Tlemcen avec Planète Auto,  Annaba avec Salem Auto et Ghardaïa avec Sud Auto. Des agents dont nous mesurons le degré de professionnalisme et apprécions les niveaux d’investissement pour redorer le blason de BMW et Mini. Dans la ville d’Oran, c’est LMW qui a repris un site parfaitement adapté au quartier Saint Hubert que nous sommes en train d’aménager et de  mettre en conformité avec les normes du constructeur. Nous mettrons à terme à la disposition de nos clients l’ensemble des structures à même de leur assurer une prise en charge efficace et à la hauteur de leurs attentes. Des prospections sont en cours dans la région de Sétif et Bordj Bou Arreridj pour l’installation d’une succursale qui apportera sa contribution pour la couverture de la région est du pays.

Et le futur siège de la société ?

Le siège de l’entreprise sera implanté à Bordj El Kiffan, à l’est de la capitale. Il s’étendra sur une superficie globale de 2,5 ha, répartie entre 10 000 m2 de stockage, 800 m2 de show-room, 3 500 m2 d’ateliers et de magasin de pièce de rechange, 45 ponts d’entretien et de réparation... Ce sera un site profondément inspiré des installations d’Abou Dhabi Motors.

C’est vous dire que nous voudrions surtout reconquérir la confiance des clients tout en leur présentant la gamme de BMW et Mini et en leur proposant des mesures exceptionnelles.

A titre d’exemple ?

Nous allons proposer à nos clients une disposition première du genre, à savoir une garantie de 5 ans ou 100 000 km où seront incluses gratuitement l’ensemble des opérations de révision, de vidange et de changement de pièces, telles que les plaquettes de freins, les filtres et autres pièces d’usure normale. On offre, en fait, la tranquillité et une nouvelle expérience pour le client algérien. S’il est nécessaire de vendre des véhicules, il est encore plus important d’être en mesure d’offrir aux clients des conditions d’accueil et de prise en charge à la hauteur de leurs espérances.

Pensez-vous qu’il est possible de transposer le même schéma de fonctionnement d’Abou Dhabi Motors en Algérie où le client et le marché sont foncièrement différents ?

Absolument. Oui c’est possible. Le client algérien a parfaitement le droit de bénéficier des mêmes avantages dont bénéficie le client BMW et Mini en Europe ou à Abou Dhabi. A travers les installations d’Abou Dhabi Motors, on voudrait surtout dire notre volonté de rehausser les prestations de cette marque en Algérie en termes de performance de vente et de satisfaction clientèle. On reste profondément convaincus que l’importance de l’investissement contribue énormément à mettre en valeur et le produit et le client. Car il ne s’agit pas de baisser les standards mais plutôt de les adapter à la réalité. L’activité automobile repose sur des normes universelles valables en tout temps et en tout lieu de la planète et l’Algérie ne saurait se soustraire à cette règle. Si le niveau d’attente du client algérien est relativement bas comparativement à ceux des pays européens c’est uniquement pour cause d’un  marché à la nature nature peu exigeante. Nous ambitionnons de réhabiliter le client algérien dans ses droits. Une mission qui nécessitera beaucoup d’effort et on préfère pour cela prendre le temps qu’il faudra.

Peut-on avoir une échéance exacte sur le début de la commercialisation des véhicules BMW et Mini en Algérie?

Pour le moment ils ne le sont pas. On attend de la part du constructeur l’accord pour la mise en production des unités destinées à notre marché. Et déjà, à titre de ventes prévisionnelles, nous avons enregistré auprès des agents du réseau quelque 400 véhicules pour la première commande. Le début de l’activité officiel est attendu au cours des touts prochains mois. On prévoit d’ores et déjà une période de rodage pour nos équipes commerciales et techniques et la constitution d’un stock de pièces de rechange. Un exercice nécessaire pour ne pas rater le retour de la marque sur le marché. Je peux dès maintenant vous assurer que l’on sera opérationnel à un taux satisfaisant avant la fin de l’année en cours. Nous avons par ailleurs l’assurance de BMW de placer le marché algérien au titre de priorité dans la satisfaction des commandes.

La gamme BMW qui sera proposée aux clients algériens sera-t-elle plus étoffée que précédemment ?

On compte effectivement importer toute la gamme BMW à l’exception de l’Active Tourer qui arrivera bien plus tard. La nouvelle série 1, la série 2, la série 3 relookée, la série 4 sans la coupée, la série 5, la série 6 et la série 7 en attendant la nouvelle génération.

Pour les SUV, on aura la nouvelle X1, X3, X4 et X6. Nous commercialiserons également les M3, M4, M5, M6 et XM4 et XM6.

Au niveau des motorisations, on proposera naturellement aussi bien le diesel que l’essence. Et on aura en définitive plus de 48 variations dans notre offre globale.

Y’aurait-il une priorité dans la stratégie de LMW en Algérie ?

Je soulignerai surtout que Luxury Motor Work entend privilégier en Algérie une démarche qui vise l’excellence dans le service et la satisfaction clientèle.

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