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Interviews

13/04/2013
Sefiane Hasnaoui, DG de Nissan Algérie
« Le Juke n’a pas de concurrent en Algérie »



Entretien réalisé par Lyès Ibalitène

M. Hasnaoui, 2013 marque une étape forte en symbolique pour Nissan Algérie. C’est l’année des 20 ans de l’entreprise que vous dirigez. 20 ans, c'est sans doute l’âge d’un bel anniversaire…

Effectivement, 20 ans, c’est un bel anniversaire. Un très bel anniversaire même, parce que c’est une étape qui nous renvoie dans cette Algérie de 1993 exprimant à la fois une réalité quotidienne dure et difficile, mais aussi une volonté de changement, d’évolution et de développement. C’est dans cette configuration socio-économique et politique qui avait mis à dure épreuve toute citoyenne et tout citoyen algérien que nous avons pu construire l’entreprise dans laquelle nous évoluons aujourd’hui.

Les 20 ans de Nissan Algérie, ce sont aussi 20 ans de passion qui a animé des équipes dont la plupart se trouvent être aujourd’hui encore dans l’entreprise, ou aux commandes de l’entreprise. Ce sont ces équipes qui ont permis qu’on partant de zéro, Nissan est aujourd’hui en Algérie une marque installée, reconnue. Une marque pérenne et une marque qui a aussi démontré ses innovations et ses différences. nécessaires ou pas, mais ses différences par rapport à l’environnement concurrentiel. Une marque qui a su tirer son épingle du jeu avec des vraies performances, notamment dans le 4x4 avec un Patrol qui est devenu très rapidement une référencé dans sa catégorie, ou le pick-up Nissan qui a su se positionner en beau challenger, l’X Trail, le Qashqai et maintenant le Juke qui ont innové et qui ont révolutionné conduite automobile.

Nissan a également démontré qu’il est un constructeur généraliste qui savait proposer des berlines et des citadines avec de l’innovation, notamment en termes de sécurité. Enfin, Nissan a confirmé qu’il était un grand constructeur de véhicules utilitaires ave l’Urvan, le Cabstar et, bien sûr, le Navara qui s’est enrichi d’une version Simple Cabine.

Vous dressez là un bilan plus que satisfaisant concernant le parcours de Nissan Algérie en 20 ans. Mais ne pensez-vous pas que cette satisfaction aurait été encore plus intense avec plus de ventes sur un marché qui croît sans répit et dont la progression des volumes s’avère être justement le plus révélateur des indices de croissance pour une entreprise ?

Il est vrai que le volume est une nécessité, dans la mesure où il nous permet de relativiser nos investissements, de maximiser les ressources que nous avons, d’améliorer les emplois, de créer plus de richesse et de partager aussi cette richesse avec notre environnement. Le volume nous permet en outre d’améliorer la qualité de notre service vis-à-vis du client. En fait, le volume n’est qu’un prétexte qui nous permet de mieux faire notre travail. Ensuite, le volume n’est pas une lubie, il n’est pas objectif unique. Le volume n’est qu’un moyen, celui de satisfaire le client, parce qu'un client satisfait reviendra chez vous, et ce qui va assurer la pérennité de votre entreprise, sinon de vos investissements,de vos emplois et de la richesse que vous partagez

Il ya quelques années, Nissan Algérie introduisait le Qashqai dans le statut de crossover précurseur d’un segment où, de surcroît, il évoluait seul. Ce n’est pas le cas pour le petit frère Juke que vous venez de lancer un peu tardivement par rapport à sa présentation d’il y a déjà une année. En plus, ce lancement intervient dans une conjoncture marquée par une arrivée massive de crossover, pour ne pas dire par une conjoncture où le crossover est en vogue. Faut-il déduire qu'il ya frustration chez vous du fait que la situation se présente ainsi pour le Juke et pour la projection commerciale de Nissan Algérie ?

Vous avez raison. Mais malheureusement, c’est la prime aux sociétés innovantes, elles sont copiées. C’est la vie, que ce soit dans l’automobile ou dans un autre domaine. Nissan a su prendre des risques industriels qui, en fait, sont l’apanage des grands groupes et des grands personnages de l’histoire. Et ‘est dans cette logique qu’est né le Qashqai qui a été le premier crossover au monde et qui a dominé, et domine toujours, le marché européen. Ensuite, vous avez, dans la même continuité, Nissan qui impose le Juke. Quant j’avais vu le Juke pour la première fois, il ya quelques années au centre de design et technologie de Nissan au Japon, j’avais été surpris par un design unique. Qui pensait vouloir une petite citadine en crossover ? qui allait mettre un carénage de moto en console centrale sur un véhicule ? Franchement, c’était d’une impertinence, mais c’est justement l’impertinence qui fait les grandes idées de la vie.
Ce Juke est sorti sur le marché européen et aujourd’hui il s’arroge une quasi domination du segement après avoir révolutionné le véhicule urbain.
Aujourd’hui chez Nisan Algérie, je vous concède qu’on est un peu frustré parce qu’on aurait souhaité avoir le Juke un peu plus tôt. Malheureusement, ce sont les conséquences du succès de ce véhicule. L’usine Nissan de l’Angleterre qui fabrique le Juke fonctionne à plus de 100% de ses capacités, mais la priorité a été donnée au marché européen. Nous arrivons deuxième, on est content que le Maghreb soit classé en deuxième position sur le marché à l’export de Nissan. On est un peu frustré aussi que nos concurrents arrivent aujourd’hui avec des produits dits équivalents. Mais dire que ce sont des produits concurrentiels, c’est aller vite en besogne. Franchement, ce ne sont pas des concurrents du Juke. Oui, ce sont des véhicules du segment B surélevés, un peu carrossés, mais qui n’ont absolument rien en commun avec le Juke.
Le Juke est un vrai concept innovant, et j’invite d’ailleurs les clients à découvrir le confort de conduite du Juke qui est unqiue. Des jantes de 17’’, une garde au sol unique, un carénage très intéressant, un démarrage sans clé, une direction électrique qui s’adapte à la vitesse : on est vraiment dans un contexte de mélange de luxe, d’urbain et de passion-design unique. Le Juke est vraiment une très belle expérience de conduite.

Seriez-vous en train de me dire que la Juke évolue seul dans le segment des crossovers et qu’il n’a pas de concurrent ?

Je pense, de manière la plus transparente et la plus honnête possible, que le Juke n’a aucun équivalent en Algérie. Les seuls équivalents qui existent dans le monde de l’automobile appartiennent à d’autres segments ou vous n’avez pas de concurrent non plus. Prenez la Mini Paceman, c’est un véhicule unique parce qu’elle n’a pas de concurrent. Le Juke est un véhicule unique qui n’a pas de concurrent. La Toyota Prius est un véhicule qui n’a pas de concurrent en Algérie. Dans ce monde de l’unicité, si on a envie de se démarquer et d’avoir un véhicule complètement différent, on a l’alternative Juke qui, en plus, va vous apporter de la sportivité, du luxe, du confort mais aussi un brin de folie en termes de design. Elle va vous donner l’impression d’être seul au monde, et c’est ça aussi la passion automobile

Le marché algérien se dirige vers l’application de nouvelles mesures sécuritaies qui imposeraient l’ABS et le double airbags obligatoires sur les véhicules. Quel serez votre avis concernant ces mesures? Ma question s’adresse, bien sûr, au responsable d’une marque dont la sécurité est toujours mise aux devant de la promotion de ses véhicules.

Tout marché, quel qu’il soit, a besoin d’être normalisé. Les normes sont nécessaires du moment qu’elles introduisent et proposent des règles transparentes et claires à ceux qui ont envie de s’épanouir sur un marché. Tout marché, quel qu’il soit, a besoin d’être protégé et tout citoyen et client a besoin d’être rassuré à travers une protection. Une protection en termes de qualité, en termes de sécurité, une protection aussi en termes d’émission de CO2. Tout cela relève de la responsabilité des autorités avant tout. Cette volonté de normer, de processer et de sécuriser, moi j’y souscris à 100%.

L’Algérie est un pays qui a un dispositif réglementaire très complet, qui nécessite parfois, et c’est normal, d’être mis à niveau. Donc on est pour. Maintenant, il s’agit de savoir si ajouter l’ ABS et les airbags va être une solution pour réduire le nombre des accidents et de morts sur nos routes. Malheureusement, la réponse est non. Les composants que sont l’ABS et les airbags sont démocratisés dans tous les pays du monde. Donc cette mesure n’est qu’une étape, ce n’est qu’un outil, et d’autres outils sont nécessaires, à l’exemple du permis à points, pour mettre en place plus de sévérité, à l’exemple aussi de l’obligation pour les services des Mines et pour les organes responsable de l’homologation de travailler de concert avec les ministères de l’Industrie et de l’Environnement pour adopter des normes en phase avec ce qui se passe dans le monde. Et si l’Algérie a le souhait de devenir un acteur industriel dans le domaine automobile, elle doit prendre les devants.

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